Rechercher un spectacle

Recherche Libre :
Recherche par critères :



Liste complète des compagnies Carte des compagnies

en même temps

LES TROIS COUPS / Critique d’Elise Ternat - Les Bravos de la Nuit - Pélussin août 2009

Gérald Robert-Tissot charismatique

Pour commencer, c’est dans la salle Le Caveau que le public pénètre et s’installe sous le regard d’un étrange protagoniste vêtu d’une chapka russe. L’espace scénique est plutôt dénudé. Seuls quelques objets suspendus, tous aussi étranges que l’individu à la chapka, attirent l’œil. Une orange, un immense baluchon, une cervelle dans un bocal, un ventilateur ou encore un balisage au sol constituent le décor. À la différence du théâtre d’objets, tous ces éléments ne sont ici que prétextes à illustrer une pensée aussi vive qu’incisive. Le choix des éclairages, quant à lui, sait se faire présent sans excès pour créer des ambiances et des situations.
C’est un texte au rythme vif et intelligent qui emporte rapidement le public. En effet, il est question de toutes ces choses en apparence si anodines qui constituent les interrogations existentielles que tout un chacun a été amené à se poser un jour. On apprécie la formidable sensibilité d’un propos qui sait se faire aussi personnel qu’universel. Il est alors très facile de s’identifier au comédien, qui incarne ici le texte avec tout son charisme.
En effet, Gérald Robert-Tissot semble avoir intégré le rôle au point de lui donner parfaitement vie. Il « est » le texte et semble pouvoir ne jamais s’arrêter alors que l’attention du spectateur s’évade parfois. Il restitue avec une impeccable vérité le ressenti d’un homme face à la guerre, au temps qui passe, aux émois ressentis à la pensée d’une star fantasmée, à la capacité du corps à faire parfois abstraction de l’autorité du cerveau… Bref, aux diverses dimensions de ces évènements qui se produisent sans qu’on les contrôle, sans qu’on les comprenne, mais qui constituent une source intarissable de questionnements.
Ces interrogations d’ordre plus ou moins métaphysique flirtent tantôt avec la physique quantique, tantôt avec des souvenirs de petit garçon. On glisse bien souvent du rêve à la réalité dans ce texte d’Evguéni Grichkovets et l’on y reconnaît comme une tonalité russe qui rappelle parfois la plume du célèbre Nicolas Gogol.

Ainsi, ce spectacle, véritable variation autour de la notion de temps, renoue avec ce concept philosophique à travers les multiples interrogations qui se succèdent, telles les minutes qui composent une heure. Le tout se construit sur un rythme constant, soutenu par la seule présence du comédien. On apprécie et on applaudit.

LES TROIS COUPS / Critique de Claire Tessier - Festival au Village - Brioux sur Boutonne - juillet 2010

Une expérience hors du temps

Le festival de Brioux-sur-Boutonne, « Festival au village », accueillait la Cie Théâtre d’Ouble pour « En même temps », un spectacle insolite mis en scène et interprété par Gérald Robert-Tissot. Un comédien qui nous entraîne dans les méandres et les torrents de ses pensées. Et si l’on hésite un moment avant de se laisser emporter par le courant du texte d’Evguéni Grichkovets, une fois parti, c’est la grande aventure.
 Une vieille grange aux bancs de bois, un plafond de poutres assez bas, et tout prêt de nous, une petite scène. Le festival investit les lieux habituels du village et les transforme en espaces de spectacle. Un simple drap noir est en toile de fond et quelques objets hétéroclites comme une orange, un gros ventilateur, un squelette humain sorti d’un cours d’anatomie, viennent compléter le décor.
 Seul sur les planches, Gérald Robert-Tissot débute son spectacle en s’interrogeant sur les trajets en train et sur le travail invisible des cheminots qui contrarient une certaine idée du voyage. L’opinion selon laquelle les trains partent d’une gare de départ et suivent leur itinéraire est mise à mal. Eh bien non, ce n’est pas tout à fait ainsi que cela se déroule. Il ne se passe pas la même chose pour le voyageur que pour le cheminot, qui assemble des wagons, ramène des locomotives au dépôt. Rien n’est linéaire. Ni les gestes ni les pensées. D’autres interrogations se forment. Elles traitent du fonctionnement de notre corps, de notre rapport aux autres, de la guerre. Oui, simultanément des gens voyagent, digèrent, meurent…
 Gérald Robert-Tissot restitue avec un jeu très vigoureux, énergique, le texte d’Evguéni Grichkovets. Il nous force à être des penseurs volontaires. À prendre conscience de la subjectivité des repères temporels. La rapidité de son jeu et de sa diction en font un spectacle dynamique. Il semble pris par une urgence de dire et de montrer que notre monde fonctionne quelquefois à l’envers, sans chronologie, sans logique.
 La proximité de la scène nous permet d’être complètement dans le spectacle. Nous le suivons en nous laissant habiter par ses interrogations. On partage, on compatit. À d’autres moments, le propos s’étire, les idées sont fouillées, détaillées, et nous nous laissons distancer par le flot des paroles. Nous attendons la prochaine interpellation, le prochain éclat de voix qui nous fera à nouveau pénétrer dans le monde de cet homme.
 L’intérêt de cette représentation tient dans l’adéquation entre le texte d’Evguéni Grichkovets et le jeu du comédien. Une certaine légèreté dans le choix des sujets de la vie quotidienne et, dans le même temps, une appropriation des questions existentielles. L’ensemble est étonnant et la mayonnaise prend.

...491 - avril 2009 - Critique d’Etienne Faye

Le Théâtre D’OUBLE, c’est l’association d’un directeur d’acteurs, Jean-Marc Bailleux, et d’un comédien, Gérald Robert-Tissot. La compagnie présente à l’Elysée, après une création au Centre Culturel Théo Argence de Saint-Priest, en même temps, d’Evguéni Grichkovets. En même temps, comme écrit l’auteur, "il faudrait en parler d’un seul coup. Pas vite. D’un seul coup." C’est qu’il peut s’en passer des choses au même instant, et nous n’en avons pas conscience. Ou plutôt nous le savons, les trains roulent, des gens se concentrent sur la cuvette étroite des wc, quelqu’un meurt, à cette seconde précise. Nous le savons, mais cela ne vient pas en surface, nous vivons "sans y penser". Il y a aussi des aspects techniques du monde que nous préférons ignorer : comment, en effet, s’émerveiller du tour d’un prestidigitateur si nous en décryptons chaque truc ? De la même manière, le personnage campé par Gérald Robert-Tissot regrette d’avoir appris que les trains ne vont pas tout-à-fait de Lyon à Berlin, par exemple. Les cheminots assemblent les trains, ou les ramènent, à Givors-Ville. De savoir ça, le personnage se lamente, comme si son plaisir de voyager était parasité. "On te dit regarde, regarde, alors toi tu regardes et tu vois quelque chose que tu n’aurais pas dû voir, pire, tu comprends quelque chose". Comment être vraiment à l’endroit et surtout à l’instant où l’on est, comment ressentir l’existence si on n’oublie pas le monde, son organisation technique et sa vie innombrable ? La connaissance, la conscience aigüe du monde et, finalement, la lucidité inhibent-elles nos sensations ? Ne nous empêchent-elles pas de vivre intensément ? Gérald Robert-Tissot est ici avec talent un homme qui se met à nu. Sur son visage un air de douce ironie, dans sa voix les accents de la sincérité et de la confidence, il occupe seul - ou presque - la scène, sans qu’à aucun moment elle paraisse vide. Un tel espace n’est jamais vide, nous le savons tous, l’oxygène, les ondes hertziennes, les ondes radio traversent la scène ! "En ce moment même, peut-être...un appel au secours ?"

SORTIR LYON RHÔNE-ALPES - avril 2009 - Critique de Davy Lorens

« Au début, on cherche où ce personnage, seul face à nous à se poser tant de questions non-existentielles, veut bien en venir... Une heure et demie plus tard, on ressort de cette pièce doucement déstabilisé : nos repères temporels en ont pris un coup ! Si cette expérience concoctée par le Russe Evguéni Grichkovets vous tente, laissez-vous égarer En même temps, au Théâtre de l’Elysée du 21 au 25 avril. Une réussite largement due à la performance longue et intense que nous offre le comédien Gérald Robert-Tissot, complice de cette compagnie lyonnaise du Théâtre D’OUBLE. Plus la pièce avance, plus le réel et l’imaginaire se confondent, et plus le temps va et vient au travers de ses souvenirs, puis progressivement des nôtres... Comme une madeleine de Proust que nous partagerions à plusieurs, une intimité croise d’autres intimités… Le tout sans drame ou pathos, avec une délicieuse insouciance russe. Résultat : au fil du chapelet d’images qui naissent sous nos yeux et derrière eux, tout nous paraît soudain clair : ce personnage veut judicieusement ressentir l’émotion de la vie ! »

MEDIATHEQUE DE VAISE - Arts Vivants - mai 2009 - Critique d’Hélèna Da Silva

Coup de cœur spectacle : En même temps de la compagnie Théâtre D’OUBLE

Du 21 au 25 avril Jean-Marc Bailleux, metteur en scène, et Gérald Robert-Tissot, comédien, ont proposé dans la petite et charmante salle du Théâtre de l’Elysée une pièce d’Evguéni Grichkovets intitulée « en même temps ».
Un homme, seul sur scène, s’adresse au public. Il ressent le besoin de dire ce qui se passe à l’intérieur de lui, il désire nous faire comprendre comment son monde fonctionne. Il est là devant nous et se pose plein de question sur l’existence. Il part à la recherche de sa vie, de ce qui la constitue. Il fouille son passé et les souvenirs alors surgissent sans aucune chronologie. Ce spectacle loufoque, poétique et sensible, parle de la difficulté d’un homme à ressentir l’émotion de la vie.
Pendant ce spectacle le temps semble suspendu. Comme le dit Gérald Robert-Tissot : "Le monde tourne à toute berzingue ... autour de moi les gens s’agitent dans tous les sens. STOP ! Le monde s’arrête…je ne cours plus, plus envie : une bulle à l’intérieur de ce capharnaüm insensé…s’arrêter deux secondes qui prendront une heure…L’être humain a besoin de retrouver ses congénères, de leur parler et de leur sourire. Dans certains des derniers spectacles que j’ai joués et d’autres auxquels j’ai assisté, l’adresse directe au public proposait cet échange. J’ai envie de faire partager un moment de temps suspendu. Si d’un seul coup et en même temps, je me pose la question et la pose à tous, c’est-à-dire vraiment comme le propose le texte : et où je suis MOI, et où tu es TOI, qu’est-ce que nous fabriquons ? A ce moment précis, le monde s’arrêtera de tourner … une heure. Une heure pour que cette intimité croise d’autres intimités, une expérience. "
Ce spectacle drôle et émouvant est une belle performance d’acteur. Bravo Gérald Robert-Tissot ! La mise en scène comme à l’habitude de la compagnie Théâtre d’Ouble est audacieuse, intelligente et efficace. Avec quelques objets : un ventilateur, un squelette, une orange, une raquette, balle de tennis et un fauteuil, toute une atmosphère est rendue et nous n’avons pas l’impression que l’acteur est seul sur scène.
C’est une pièce qui donne envie de lire Evguéni Grichkovets, auteur russe contemporain, que j’ai découvert !
On espère revoir bientôt la compagnie théâtre d’Ouble, avec les deux complices Jean-Marc Bailleux et Gérald Robert-Tissot , sur scène ! Et bon vent à la pièce "En même temps" qui mérite d’être vue !

LE PROGRES LA TRIBUNE - St-Genest-Lerpt février 2011 - Critique de Suzanne Renaudier

G. Robert-Tissot seul sur scène, mais quelle présence !
Vendredi soir, les abonnés et non-abonnés de la saison culturelle lerptienne ont pu apprécier du beau, du grand spectacle. La compagnie « D’ouble » donnait du Evguéni Grichkovets avec « en même temps ».
Pièce ô combien difficile à appréhender tant sont confuses les pensées de l’Homme. C’est à ce quoi s’est employé Gérald Robert-Tissot dans son interprétation de Grichkovets.
L’ambiance intimiste, salle Louis Richard, où spectateurs et comédien sont proches, presque en contact. La lumière, diffuse, tamisée, confère une invitation à la conversation intérieure de l’être.
Gérald Robert-Tissot a su tenir en haleine l’auditoire, alors que son attention semble s’évader parfois, par un rythme varié du débit de la parole et de la gestuelle, traduisant avec beaucoup de justesse le conflit intérieur de l’âme, conflit entre la réalité visible et l’indicible ressenti.
Il parle de toutes ces choses en apparence anodines qui constituent les interrogations existentielles que tout un chacun a été amené à se poser un jour.
Belle représentation, on en redemande.
Evguéni Grichkovets, l’auteur, avec son humour décalé, restitue notre monde intérieur. Né en 1967 en Sibérie, en marge de ses études de philosophie, il crée, avec quelques amis, une compagnie de théâtre. Il écrira plus de 20 créations avant de remporter un grand succès à Moscou au Festival International de Théâtre.

LE PROGRES LA TRIBUNE - Pélussin août 2009 - Critique de Dominique Chavagneux

« en même temps » : une belle performance d’acteur

Cinquième pièce présentée dans le cadre des Bravos de la Nuit qui se déroulent en ce moment au quartier de Virieu, « en même temps » par le Théâtre D’OUBLE a été conçue et jouée par Gérald Robert-Tissot.

C’est l’histoire d’un homme qui vit dans un monde qui ne lui convient pas. Il explique son mécontentement en partant de l’organisation de son corps qu’il ne contrôle pas. Ce n’est pas lui qui fait des bruits bizarres avec son ventre…

De son corps, il passe au monde qui nous entoure, la télé, la guerre…Il parle de ces petits riens qui nous agacent, de ces petites choses que tout le monde a l’impression d’avoir déjà vécues. Il va essayer de définir où il est réellement. Mais, pour y arriver, il faudrait que tout se passe en même temps et d’un seul coup. Alors que nous avons tous fêté le changement de siècle à des heures différentes suivant le lieu et le continent où nous habitons. Et d’autres questions existentielles attendent le public : « pourquoi les Français aiment-ils les chansons antillaises ? »
Un spectacle surprenant, touchant et drôle.

Dernière mise à jour le 9 février 2012